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dimanche 13 juin 2010

John Cage - Water Walk (1960)

Areski Belkacem - Un beau matin (LP-1972)

































Areski Belkacem - Un beau matin (1972) MP3@VBR

01. Un beau matin
02. Le dragon
03. Liberté
04. Bali
05. 80 A
06. Chanson pour sa mère
07. Nous avons tant parlé
08. 80 A.B.
09. A chaque tournant
10. Comme avant
11. Le brouillard

ici

vendredi 11 juin 2010

Les Tontons Flingueurs / Émission du 09-06-2010




Ce soir un spécial "RESIDENTS" de 1 heure

Avec:

J. Marchais / Claude Channes / Evariste / Jean Le Fennec / Liedertafel Margot Honecker
(Felix Kubin) / The Residents / The Residents & Renaldo & The Loaf / Des Airs / Piana
Black Moth Super Rainbow / Prudence / Home & Garden / Satanicpornocultshop

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dimanche 9 mai 2010

Sedmikrásky (Les Petites Marguerites) Tchécoslovaquie 1966



Les Petites Marguerites (Sedmikrásky ou Daisies - titre anglais) est un film de la nouvelle vague 
tchécoslovaque de Věra Chytilová sorti en 1966.


Imaginez "Fight Club" quarante ans avant en Tchécoslovaquie, avec deux filles délurées révulsées par 
l’état du monde et vous obtenez ce drôle d’objet parodique, tragique sans en avoir conscience. Bien 
avant "A gun for Jennifer" (Todd Morris, 98) ou même "Singapore Sling" (Nikos Nikolaïdis, 90), la réali-
satrice Vera Chytilova, parangon d’une Nouvelle Vague du cinéma tchèque contrarié par les remous 
politiques du pays, a signé un objet abrasif: Les Petites marguerites où deux demoiselles de rien 
décident de multiplier les conneries pour rendre compte de l’absurdité d’un monde de merde et 
passent leurs journées de néant à aguicher de riches notables qui viennent déjeuner au restaurant, 
rien que pour se foutre de leurs gueules. Hymne à l’anticonformisme qui célèbre le mauvais goût, 
les mauvaises actions et les mauvaises pensées orchestré par deux bouffonnes (dixit la réali-
satrice Vera Chytilova). Entre nihilisme franc et parodie subversive, ce film surréaliste, psycho et 
psyché possède un discours qui se mord à la queue mais ne ressemble qu’à lui-même: un délire 
entre cinéma érotique et pop-art d’une grande liberté de ton comme si John Waters était à la réali-
sation et Jean-Luc Godard au scénario. Et que tous les deux parlaient la langue tchèque. 


extrait de "excessif.com"


Voici quelques extraits:









mardi 13 avril 2010

Rock Critics - Pile ou Face (LP 1980)

































AAC@320

Rock Critics: Laurent Buvry, Luc Marianni, Jean-François Papin

01. H.H.
02. Douze 12
03. Une journée à Silvacane
04. Université romane
05. Shot Down
06. Westminster C
07. Cicada and bell + Contine + White romance

Merci à JFM

-o

jeudi 8 avril 2010

Un entretien avec Steve Reich

Extrait de Wikipedia:

Steve Reich, né Stephen Michael Reich le 3 octobre 1936 à New York, est un musicien et
compositeur américain. Il est considéré comme l'un des pionniers de la musique minimaliste,
un courant de la musique contemporaine jouant un rôle central dans la musique classique
des États-Unis. Pour caractériser son œuvre, et spécialement ses compositions de la période
1965-1976, il préfère utiliser l'expression «musique de phases» (Phasing, en anglais),
qui fait référence à son invention de la technique musicale du déphasage. À partir de 1976, il
développe une écriture musicale basée sur le rythme et la pulsation avec l'une de ses œuvres
les plus importantes, Music for 18 Musicians, qui marque le début de son large succès
international. Dès lors reconnu comme un compositeur contemporain essentiel, il oriente son
travail de composition autour de la mise en musique du discours, notamment dans des œuvres
multimédia associant la vidéo créées en collaboration avec son épouse Beryl Korot.

Bien qu'ayant joué un rôle central dans l'évolution de la musique contemporaine, et, par ses
œuvres, influencé des artistes au-delà de son champ de création, comme en musique
électronique et en danse contemporaine, Steve Reich reste toutefois un compositeur peu
prolifique qui n'a écrit, durant l'ensemble de sa carrière, qu'une cinquantaine de pièces
distinctes. Celles-ci lui ont cependant valu de nombreux prix et distinctions internationaux
et font l'objet d'une très importante discographie.

Transcription de l'entrevue

Source: Red Bull Music Academy

vendredi 2 avril 2010

(Bande Originale) Alexandro Jodorowsky - El Topo (LP 1970)


































AAC@320

Musique de Alexandro Jodorowsky et Nacho Méndez

01. Entierro Del Primer Juguete
02. Bajo Tierra
03. La Cathedral De Los Puercos
04. Los Mendigos Sangrados
05. La Muerte Es Un Nacimiento
06. Curios Mexicano
07. El Agua Viva
08. Vals Fantasma
09. El Alma en la Sangre
10. Topo Triste
11. Los Dioses De Azucar
12. Las Flores Nacen En El Barro
13. El Infierno De Los Angeles Prostitutos
14. Marcha De Los Ojos En El Triangulos
15. La Miel Del Dolor
16. 300 Conejos
17. Conocimiento A Traves De La Musica
18. La Primera Flor Despues Del Diluvio

ici

mercredi 31 mars 2010

Nef - srevne'l à tse'c ...!!! srola siam (LP 1983)

































AAC@320

NEF:

Richard Lorenzi , Vincent Tronc

01. Le miroir sur le dos
02. Ça commence comme ça
03. A chaque bout
04. Il y en a qui profitent du voyage
05. Les portes
06. Apparition à l'endroit
07. Fanfare de la mer
08. Propos d'épouvantail
09. Le baromêtre de l'oncle Adrien

Merci à JFM

mais alors!!!... c'est à l'endroit

lundi 29 mars 2010

Only a Mother - Damned Pretty Snout (1998)

































AAC@256

01. Dimes
02. Katy
03. The Bricks Trilogy
04. Swamp Song
05. You Just May Be The One
06. Minnie Pearl's Bolero
07. Peter Gunn
08. Cinammon Girl
09. Secret
10. More Soko
11. Ode To Ukes
12. Not
13. Warped No.27
14. Answer Me
15. Al Halbibya
16. Seven Wedge
17. Sub Jazz
18. Persian Balls
19. Homer
20. Deed'n Deed
21. I Keep Bumping Into Myself
22. Pork Rinds And Perrier

Part 1  Part 2

Site Web de Frank Pahl

Pascal Comelade - Sentimientos (79-81) (LP 1982)

































AAC@320

01. White Light
02. Approximative But Fair
03. Wyatt Ah Um
04. Lettre de Mozart à sa petite cousine
05. Still Life with Goldfish
06. The Grey Velvet Gentleman (E. Satie - adapt. PC)
07. From DC by PC
08. Taking Tiger Mountain (B. Eno - EG music)
09. Habanera
10. Carmen (Bizet-PC-AM)
11. Avant-midi
12. Sicilia
13. Again (K. Ayers - adapt. PC)
14. White Heat
15. Distant Pianos
16. Paralelo
17. In a Lebanon Park
18. Couranr d'air sur le pommier du Japon
19. La Opera
20. Barrett

Merci à JFM

ici

dimanche 28 mars 2010

Henry Cowell - The Piano Music of Henry Cowell (LP 1963)

































AAC@256

Généralement, Henry Cowell est seulement connu
comme étant le co-inventeur, avec le Russe Léon
Theremin, d'un instrument original, le Rhythmicon.
Il fut aussi connu pour être un défenseur du
cluster au piano, dès la fin des années 1910.

Mais il fut aussi, pendant près de cinquante ans,
le défenseur le plus acharné de la musique
d'avant-garde aux Etats-Unis, en particulier par
l'organisation de concerts et la publication de
partitions.

Dès ses débuts, sous la tutelle de Charles Seeger,
il s'affirme comme un compositeur original. Un
livre, rédigé en 1919 mais publié en 1930, résume
les discussions entre les deux musiciens : New
Musical Resources, qui aura une influence décisive
sur nombre de compositeurs, comme Conlon Nancarrow.
Le Rhythmicon, instrument électrique original,
reprend quelques uns des principes élaborés dans
le livre.

Cherchant sans cesse à explorer de nouveaux domaines
sonores, Cowell généralise l'emploi du cluster dans
des œuvres d'inspiration plus ou moins mystique
comme The Banshee ou The Birth of Manaunaun, pour
piano, mais aussi dans des œuvres pour orchestre.
Il est l'auteur d'une œuvre volumineuse qu'il ne
cessera d'accroître avec constance (vingt symphonies,
un concerto pour piano, d'innombrables pages de
circonstances, autant de pièces pour piano, des
quatuors, etc.).

Fasciné, dès le début, par la musique de Charles
Ives, qu'il fera jouer aussi souvent qu'il le pourra
tout au long de sa vie, il a su, avec la complicité
active de Seeger et le mécénat d'une riche New-Yorkaise,
Blanche Walton, rassembler autour de son activité
éditoriale et institutionnelle une foule de compositeurs
importants dans l'histoire de la musique américaine,
comme Dane Rudhyar, Ruth Crawford (qui épouse Seeger
en 1931), Carl Ruggles, Carlos Chávez, John Cage, Gerald
Strang, Wallingford Riegger, Carlos Salzedo et bien
d'autres.

par Nicolas Viel. Avec le soutien de Marc Battier


The Piano Music of Henry Cowell (1963)

01. Tides of Manaunaun
02. Exultation
03. The Harp of Life
04. Lilt of The Reel
05. Advertisement
06. Antinomy
07. The Aeolian Harp
08. Sinister Resonance
09. Anger Dance
10. Banshee
11. Fabric
12. What's This?
13. Amiable Conversation
14. Fairy Answer
15. Jig
16. The Snows of Fujiyama
17. The Voice of Lir
18. Dynamic Motion
19. Trumpet of Angus Og
20. Tiger
21. Henry Cowell discusses
      the above works in the
      order in which they
      apppear on the record


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mardi 23 mars 2010

Only a Mother - The Romantic Warped (LP 1989)

































AAC@320

Frank Pahl: Guitar, Mandoline, clarinette, accordéon, orgue,
  harmonium, euphonium, balaika, rack,  ect...
Doug Gourlay: Batterie, snare, cymbales,  feuille de métal,
  percussions, tambourine, voix, rack, ect...
Mary Richards: Violon, orgue, voix, ect...
Ken Stanley: Harmonium, orgue, guitar, mélodica, "bass drum",
  percussions, voix
Bobbi Benson: Basse, contrebasse, accordéon Beaver, ect...
Marko Novachcoff: Flûte, harmonica, violoncelle, clarinette basse,
  sax baryton, basson, voix,  ect...
John Aho: Guitar
Tim Holmes: Cuivres
Gerald Siclovan: Arrangements des cuivres

01. Elephants
02. Mysterioso
03. Pardon mon Faux Pas
04. Spinning
05. Rack # 1
06. Rubbydubs, Mugwamps, and Wobblies
07. Warp # 17
08. Bucket of Brains
09. Trigger Happy
10. Fingers of a Pumpkin
11. Doodley Squat
12. Rack # 2
13. Simple Song
14. The Romantic Side of Ken's cat
15. A Song for Mud

Part 1  Part 2

Freiwillige Selbstkontrolle - Goes Underground (LP 1985)

































Freiwillige Selbstkontrolle:

Michaela Melián: Basse, violon, violoncelle, flûte, batterie électronique,
  percussions, voix
Wilfried Petzi: Guitar, banjo, Dobro, trombone, tambourine, batterie,
  voix et sifflements
Thomas Meinecke : Guitar, Cornet, batterrie, percussions, piano,
  voix et sifflements
Justin Hoffmann: Guitar, percussions, orgue, accordéon, glockenspiel,
  cloche, voix
Alfred Hilsberg: Effets


01. Batgirl
02. Lob der Kybernetik
03. Did You See Jackie Robinson Hit That Ball
04. Big Ben
05. La Strada
06. Blue Yodel für Herbert Wehner
07. Venus im Pelz #2
08. Kansas City
09. Frau Mit Stiel
10. Dancing In The Dawn
11. Coda

Merci à JFM

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dimanche 21 mars 2010

Julverne - Ne parlons pas de Mahleur (LP 1986)

































Julverne:

Michel Berckmans : basson, hautbois
Claudine Steenackers: violoncelle
Dirk Descheemaeker: clarinette, clarinette basse
André Klenes: contrebasse
Pierre Coulon: flûte
Jean-Paul Laurent: flûte, piano
Charles Loos: piano
Jeannot Gillis: violon
Jacqueline Rosenfeld: violon, viole
Lucie Grauman: voix
Daniel Léon: ingénieur du son

01. Ne parlons pas de Mahleur
02. Theobald Bœhm
03. Catherine en Campine
04. Clémentine
05. Danse Syldave
06. Soupe au crapaud
07. Le rose aux joues
08. La fille aux cheveux gras

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samedi 20 mars 2010

Proof of Utah - A Dog a Dodo & a Fool (1984)

































Proof of Utah était un groupe de rock alternatif/avant-garde, formé en 1983
à l'Université Bowling Green, Bowling Green, Ohio.

Louie Simon:
voix, batterie, percussions, vocoder, basse, piano, cassettes
Mike Bosco:
voix, guitares, basse, piano, percussions, saxophones jouets, synthétiseurs, cass.
Invités:
Mark Rieke, Stan George, Katherine Sullivan, Michael Grant, Vicki Solo & Bill Rankin

01. Mrs. Delicious
02. Betty's Pleasure
03. Whatever Happened to Protocol?
04. A Dog, A Dodo, & A Fool
05. Amber Mitchell
06. Beverly
07. Crack in the Mirror
08. She's a Fish
09. Pronto Bill Gets Born
10. Bomb Me Baby
11. The World's Largest Egg

Merci à JFM

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jeudi 18 mars 2010

Les Tontons Flingueurs / Émission du 17-03-2010




Avec:

Harold Sasahara & Club Nisei Orchestra / T. Arima's Cuban Noche / Club Nisei, Hitoshi Ueki
The Peanuts / The All-Star Orchestra / Aiko Yohen / Shoukichi Kina & Champloose / Yara
Family / Mike Rebedios / Miki Obata & The Out Cast / The Tigers / The Carnabeats / The
Savage / Burns / The Spiders / The Youngers / Outkast / The Jaguars / Masami Kawahara &
The Exotic Sounds / Tani Naomi / Reiko Ike / Meiko Kaji / People / Ja Seazer / Happy End
Jacks / Haruomi Hosono / P-Model / Yello Magic Orchestra / The Plastics / Hikashu / Halmens
Kiyohiko Senba & His Haniwa All Stars / Luna Park Ensemble / After Dinner / Hajime Tachibana

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vendredi 12 mars 2010

Les Tontons Flingueurs / Émission du 10-03-2010




Avec:

Luce Guilbeault / Robert Charlebois / Robert Crumb & the Cheap Suit Serenaders / Any Old
Time String Band / Barney Bigard Sextet / Julia Lee / Harlem Hamfats / Bea Foote / Marie Dubas
Nitta-Jo / G. Bordin & A. Viau / Marcel's / Trio Garnica-Ascencio / Juan Gaytan & Frank Cantu
Los Montenos / Roscoe Holcomb / Les VRP / Serge Gainsbourg / Etron Fou Leloublan / Slapp
Happy / Hal Collomb / Java / Jean Yanne / Nico (Christa Paffgen) / Louis Massis / Raymond
Scott / Stock, Hausen & Walkman / Steve Reich / Rock Critics /  The Flying Lizards / Les Tueurs
de la Lune de Miel / Ennio Morricone / Brian Woodbury / Arthea / Stomp / ZGA / Georges
Garvarentz / Kuno & The Marihuana Brass / The Bob Crewe Generation Orchestra

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vendredi 5 mars 2010

Arthur Lipsett






















ARTHUR LIPSETT était un visionnaire, un satiriste à l’esprit créatif qui a su manipuler les
éléments du cinéma pour bâtir une œuvre cohérente et inoubliable. Poète de la pellicule, il
a réalisé sa vision en mariant de façon originale des chutes de films inutilisées par d’autres
cinéastes de l’ONF et des séquences qu’il avait lui-même tournées. Avec ses assemblages
de sons et d’images provenant de sources diverses, Lipsett a réussi à fabriquer quelque
chose d’artistique et d’inédit, obligeant le spectateur à appréhender le cinéma de manière
tout à fait nouvelle, à le vivre non seulement comme un divertissement mais aussi comme
une remise en question du monde.

Si les films d’Arthur Lipsett exigent beaucoup de l’auditoire, il faut reconnaître que le
cinéaste était tout aussi exigeant envers lui-même. Brillant monteur, il accumulait du
matériel visuel et sonore à partir du vaste éventail de sources que lui offrait l’ONF, ou
encore ses balades dans les rues de Montréal et de New York. À la fois artiste du
collage et as du montage cinématographique, il se servait de bandes magnétiques, de
disques, de photos et de séquences filmées pour créer ses œuvres étonnantes. Les
films expérimentaux réalisés par Lipsett s’inscrivent dans le courant moderniste de
cette époque où le pop art, l’assemblage et le mouvement Fluxus faisaient leur marque
dans la culture occidentale.

Dès son premier film, Very Nice, Very Nice, Arthur Lipsett donne clairement le ton de
son œuvre à suivre : une exploration artistique de la vie telle qu’elle était vécue en cette
décennie stimulante des années 1960. Tandis qu’à Londres, militants et artistes
manifestaient  passionnément pour la suppression de la bombe atomique, aux États-Unis,
la scène socio-politique était dominée par la question des droits civils et, à l’échelle
mondiale, la fin du colonialisme en Asie et en Afrique remettait en question l’hégémonie
occidentale. Lipsett était sensible aux fluctuations du paysage politique et il a exprimé sa
créativité dans le creuset de cette culture émergente de la contestation qu’incarnaient les
beatniks, le jazz, les happenings et certains humoristes revendicateurs et osés.

À sa sortie en 1961, Very Nice, Very Nice fut adopté d’emblée par cette nouvelle
génération d’universitaires et d’artistes branchés. Le court métrage, mordant, jazzé,
provocateur et teinté d’humour noir, s’annonce comme tel dès les plans d’ouverture
montrant des tours à bureaux pendant qu’une voix hors champ récite en anglais : « Dans
cette ville marche une armée dont la devise est — bwah! bwah! bwah! » Ces trois coups
de klaxon dissipent toute prétention documentaire du film. Suivent les images de deux
affiches, « Non » et « Achetez ». Lipsett s’est amusé à piéger son auditoire, à le réveiller
de sa torpeur pour le mettre au défi de s’engager et de réagir à son film. Airs de fanfare,
battements de tambour, vieilles mélodies de piano  et musique de jazz viennent ponctuer
la piste sonore, faite d’un collage  d’enregistrements audio. Sur l’écran défile en
contrepoint une succession d’images allant de photographies d’individus prises au hasard
à des portraits de personnages historiques, en passant par des scènes de foules, de
lancements de fusées et d’explosions de bombes à hydrogène.

Le cinéaste met le spectateur au défi de donner un sens à tout ça, et Lipsett l’artiste sert
lui-même de guide. La voix hors champ nous informe qu’il s’agit d’une fantasmagorie en
dissolution d’un monde », mais que « la chaleur et la lumière reviendront, et les espoirs
des hommes renaîtront. » La première fois que nous entendons cette déclaration
optimiste, elle s’accompagne du son « non » suivi d’un rire;  la deuxième fois, en
conclusion de l’œuvre, nous entendons un commentaire ambigu : « Bravo! Très bien,
très bien (Very Nice, Very Nice) ». La foule solitaire, aliénée et confuse, est de toute
évidence le sujet du film. Ces êtres sont-ils capables d’entrer en contact avec le monde
qu’ils habitent? L’auteur n’en est pas sûr, mais le titre de travail qu’il avait donné au
collage sonore de départ, « étrangement rempli d’allégresse », semble indiquer qu’il
trouvait encore une certaine joie, un certain esprit chez les gens et au sein de la société.

Very Nice, Very Nice (1961)



Son film suivant, 21-87, est le chef-d’œuvre de Lipsett. Le cinéaste y explore la nature
spirituelle de l’humanité. Le montage d’ouverture donne le ton : la radiographie d’un
crâne humain cède l’écran à un trapéziste, puis à un cadavre en dissection. La bande
audio va du son de la perceuse et de la scie employées pour démembrer les cadavres
aux accords gospel de "Every Child of God". Bien que le film comporte des scènes de
foule, Lipsett met en évidence des individus tout au long du film — des balayeurs de rue,
des clients sur l’escalier roulant d’un grand magasin, des danseurs. Une voix déclare :
« Ils prennent conscience d’une force derrière ce masque apparent devant nous. Ils
l’appellent Dieu. » Sans jamais permettre à une pensée de dominer les autres, Lipsett
oppose à cette phrase la déclaration ironique suivante : « Puis les gens disent :
“Votre numéro est le 21-87, n’est-ce pas?” Oh! Comme cette personne sourit! »

Dans 21-87, Lipsett met en scène cette opposition essentielle: sommes-nous des êtres
physiques ou spirituels? Son emploi du terme « la force » a inspiré la cosmologie
inventée par George Lucas pour Star Wars; Lucas se sert aussi des nombres 21-87
dans plusieurs de ses œuvres. Le contraste entre le corps et l’esprit est par ailleurs
souligné durant tout le film de Lipsett. Bien que le collage sonore fasse référence à
Dieu, les personnages du film semblent plutôt égocentriques. Sont- ils des numéros,
comme le suggérait la série-culte de Patrick McGoohan, Le prisonnier, dans les
années 1960?  Ou bien sont-ils des hommes libres? Lipsett ne répond jamais à
cette question.

21-87 (1964)



La carrière d’Arthur Lipsett fut malheureusement très brève. Après ces deux brillants films,
il réalisa Free Fall — un regard plus pessimiste sur le monde

Free Fall (1964)



puis la charmante « capsule temporelle » A Trip Down Memory Lane


A Trip Down Memory Lane (1965)



ensuite une œuvre plus répétitive, Fluxes, et enfin un film angoissant, intensément personnel,
N-Zone. Ses films sont de remarquables créations d’avant-garde, des concentrés
extraordinaires de l’esprit de controverse et de contestation des années 1960. Tout au long
de son œuvre, une image en particulier prédomine: celle du trapéziste. On peut présumer
que Lipsett se voyait lui- même comme une sorte d’acrobate de haute voltige évoluant entre
le son et l’image pour réaliser ses œuvres à la fois artistiques et philosophiques. À la fin, le
jeune homme audacieux est tombé de son trapèze, mais non sans nous avoir d’abord légué
des films qui passent l’épreuve du temps.

Source: ONF/NFB

mardi 26 janvier 2010

Luc Marianni - Voyage vers l'harmonie (France-1983)




























01. Voyage vers l'harmonie~Part 1, Prélude + Part 2 + Part 3 + Part 4
02. Pensée brumeuse d'un gardien de phare
03. Un été sur la plage + Voyage vers l'harmonie~Part 5, brume écossaise
04. Voyage vers l'harmonie~Part 6
05. Voyage vers l'harmonie~Part 7, thème central
06. Voyage vers l'harmonie~Part 8
07. Voyage vers l'harmonie~Part 9
08. Le chants des elles
09. Voyage vers l'harmonie~Part 10 + Part 11
10. Voyage vers l'harmonie~Part 12, final à l'orgue d'église
11. Et la tendresse...

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